Le Fort de Brégançon

 

Quelques mots d'histoire

A la pointe du petit hameau de Cabasson, un des plus beaux sites de Bormes-les-Mimosas - où s'étire inlassablement vers la mer la Route des Vins avec ses domaines prestigieux - le Fort de Brégançon côtoie les propriétés des familles royales du Luxembourg et de Belgique. Ce site hors du commun, devenu résidence officielle des Présidents de la République en 1968, présente un passé riche en rebondissements. Rocher refuge abrité du vent d'est et piton d'observation de la rade des Iles d'Hyères, tour à tour repaire de soudards ou château fort pour la Reine Jeanne et Bonaparte, tantôt assiégé, désarmé, détruit et reconstruit, Brégançon a subi les caprices de ses occupants plus qu'il n'a pesé sur le cours de l'histoire.
Objet autrefois de toutes les convoitises, l'îlot impose aujourd'hui la beauté de son site et accroît son prestige, quand flotte, sous la chaleur brûlante du Midi, le pavillon marquant la présence du couple présidentiel. Vacanciers et journalistes se pressent alors en masse aux portes de la résidence, dans l'espoir de fixer sur pellicule les quelques moments d'intimité de ses hôtes de marque.

Ce majestueux rocher situé entre terre et mer présente un patrimoine riche de 2000 ans d'histoire.
Cet îlot haut de 35 mètres aurait été en effet conquis par les grecs 400 ans avant JC après qu'ils aient fondé Marseille 600 ans avant JC. C'était un comptoir qui servait de relais pour le commerce et le cabotage avec les Ligures qui peuplaient à l'époque la région. En effet, les Bormani d'origine celte ligure sont la 1ère peuplade à s'être installée ici en bord de littoral.
Pergantium était le 1er nom du site. Il deviendra par la suite Briganconia avant de devenir Brégançon qui signifie haut et élevé.
La prospérité de l'îlot de Brégançon était due à sa situation abritée du vent d'Est, qui était le plus à craindre car générateur de grande houle. C'était donc un lieu de repli et un abri pour de nombreux bateaux.

Reines et pirates...

Le fort brégançon
Le fort brégançon

Le rocher va devenir ensuite une place forte et un refuge précieux pour la population de Bormes. Un fort y sera construit au 11ème siècle, qui après avoir été un inquiétant repaire de pirates, deviendra propriété des seigneurs de Bormes, vicomte de Marseille. Charles d'Anjou, frère de Saint Louis obtint des marseillais Brégançon lorsqu'il bénéficia du Comté de Provence de part son mariage en 1257.
La reine Jeanne, dite Jeanne la 1ère, arrière petite fille de Charles d'Anjou fuyant les troupes de ses Etats de Naples et de Sicile viendra s'y réfugier. Elle y restera 7 mois.
Il faudra attendre 1483 pour que Brégançon soit rattaché au Royaume de France. Ce n'est en effet qu'en 1480 que Charles d'Anjou, dernier souverain de Provence lègue en mourant le Comté de Provence à Louis XI, roi de France.
Pendant la Révolution, le domaine de Brégançon fut saccagé, mais le fort doté d'une artillerie puissante restera intact.

 

La résidence d'Etat...


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Séparé du domaine de Brégançon dès 1786, le Fort resta la propriété de l'Etat qui le loua à différents particuliers.
En 1793, Napoléon Bonaparte, en garnison à Toulon et alors capitaine d'artillerie chargé de réarmer les côtes françaises, restaure ses défenses en vue de protéger les rades de Toulon et de Hyères.
Pendant la guerre de 1914-18, l'ilôt est occupé par un détachement de l'armée.
En 1919, il est déclassé puis classé site pittoresque le 24 décembre 1924.
L'Etat repris possession intégrale du Fort en 1963.
Le 25 août 1964, le Général de Gaulle venu présider les cérémonies du 20ème anniversaire du débarquement allié, vint coucher à Brégançon, hâtivement aménagé pour la circonstance. René Georges Laurin, à l'époque député, réussi à faire classer Brégançon en résidence présidentielle. Et c'est ainsi que par l'arrêté du 5 janvier 1968, le fort fut ainsi institué Résidence officielle du Président de la République.
Pierre-Jean Guth, architecte de la marine nationale, grand prix de Rome, transforma le fort en une résidence d'été agréable tout en respectant ce qui restait de la vieille forteresse. Si le Général de Gaulle a fort peu profité des charmes de Brégançon, les présidents Pompidou, Giscard D'Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy y ont tour à tour séjourné.Le Président François Hollande, venu au Fort à l'été 2012 a décidé de l'ouvrir au public.